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Villosités intestinales contenant des bactéries

Maladie cœliaque et microbiote intestinal : nouvelles preuves génétiques

De nouvelles preuves scientifiques montrent que le microbiote intestinal, en interaction avec la génétique, peut moduler le risque de maladie cœliaque.


Maladie cœliaque : nouvelles preuves sur le rôle du microbiote intestinal

Une vaste étude génétique révèle comment l'ADN humain influence la composition de la flore bactérienne intestinale et identifie une espèce microbienne associée à un risque moindre de maladie cœliaque.

La maladie cœliaque est une pathologie auto-immune qui se développe en réponse à l'ingestion de gluten chez des sujets génétiquement prédisposés, entraînant des lésions de la muqueuse et de l'intestin grêle. Bien que le rôle des gènes du système HLA dans la susceptibilité à la maladie soit bien connu, seule une partie des individus prédisposés développe la pathologie, ce qui suggère l'implication d'autres facteurs environnementaux et biologiques.

Parmi ceux-ci, le microbiote intestinal apparaît comme un modulateur potentiel du risque de maladie, grâce à sa capacité à influencer la réponse immunitaire et l’équilibre de la barrière intestinale.

Une étude de population en Europe du Nord

Une vaste étude de population publiée en février 2026 dans Nature Genetics a analysé l’interaction entre le profil génétique individuel et la composition du microbiote intestinal, en évaluant son association avec la maladie cœliaque.

La recherche a porté sur plus de 12 000 adultes norvégiens, les résultats ayant ensuite été validés dans des cohortes indépendantes suédoises et finlandaises. Les participants ont subi une analyse génétique et une étude du microbiome à partir d'échantillons fécaux, ce qui a permis une évaluation intégrée de la génétique humaine et de l'environnement intestinal.

Variantes génétiques et composition du microbiote

Les résultats indiquent que des variantes génétiques spécifiques influencent de manière significative la composition et la fonction du microbiote intestinal. En particulier, des variantes du gène de la lactase, associées à l'intolérance au lactose, sont corrélées à des différences dans la présence de bactéries telles que les Bifidobacterium. Cela démontre que la génétique peut moduler l'écosystème intestinal notamment par le biais du métabolisme des nutriments.

Au total, l'étude a identifié 106 signaux génétiques associés à la composition du microbiote, dont 13 localisés dans 7 loci différents et statistiquement significatifs.

Une espèce bactérienne associée à un risque moindre de maladie cœliaque

Une donnée particulièrement importante concerne l'identification d'une espèce bactérienne, Agathobacter sp., associée à un risque moindre de maladie cœliaque. Des niveaux plus élevés de ce micro-organisme sont corrélés à une prévalence moindre de la pathologie.

Cependant, la nature de cette association n'est pas encore entièrement élucidée. Il est possible que la présence de cette bactérie exerce un effet protecteur, mais on ne peut exclure que ce soit la maladie cœliaque elle-même qui entraîne une réduction de sa présence dans le microbiote intestinal.

L'étude souligne en outre que ce n'est pas seulement la présence d'espèces bactériennes spécifiques qui compte, mais aussi leur activité métabolique, qui peut influencer la réponse immunitaire et les processus inflammatoires au niveau intestinal.

De nouvelles perspectives pour la prévention et le traitement

Dans l'ensemble, ces résultats mettent en évidence l'interaction complexe entre la génétique et le microbiote intestinal dans la pathogenèse de la maladie cœliaque. Bien qu'un régime strictement sans gluten représente actuellement le seul traitement efficace, ces nouvelles données ouvrent des perspectives de recherche orientées vers de futures stratégies préventives et thérapeutiques basées sur la modulation du microbiote intestinal.

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Sources

Moksnes, M. R., Coward, E., Nethander, M., Dekkers, K., Grahnemo, L., Törnqvist, A. E., Li, L., Lundmark, P., Pertiwi, K., Baldanzi, G., Mjelle, R., Moll, J. M., Eklund, A. C., Nielsen, H. B., Svensson, J., Langhammer, A., Giskeødegård, G. F., Brumpton, B., Hjort, R., Ness-Jensen, E., Engström, G., Pelaseyed, T., Michaëlsson, K., Orho-Melander, M., … Ohlsson, C. (2026). The HUNT study identifies host genetic factors reproducibly associated with human gut microbiota composition. Nature Genetics, 58, 530-539. https://doi.org/10.1038/s41588-026-02502-4